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Le Nord

 

1) Donga et Atacora

Tanéka (pp. 215, 216), je n'ai pas le temps de m'y rendre en 2006, mais Durand, mon guide-chauffeur, a l'air de bien connaître le pays des Tanéka. Le hameau, me dit-il, est habité toute l'année. Il est dans le giron de Taneka Koko, où se tenait le marché lorsque j'y passai - un marché tous les cinq jours. En plus c'était un dimanche. D'où l'apparent abandon du "village haut"...

Le plan de développement de Natitingou : si vous avez de l'appétence pour ce genre de travail (publié en novembre 2004), cliquez ici.

Durand m'assure que la piste de Boukoumbé est maintenant en état. C'est d'ailleurs dans cette direction qu'il faut aller pour voir les derniers tata somba "authentiques" (p. 224) - les autres ayant été bétonnés et couverts d'un toit de tôle... La piste vers Manta a également été refaite, m'assure Durand. Mais je ne peux vous assurer qu'elle est aujourd'hui carrossable.

 

Se faire faire une conduite par des poteaux électriques moyenne tension en béton jusqu'à Natitingou... En voilà une nouveauté ! Je n'en reviens pas de cette route, le long de la frontière togolaise, en pays kabiyè (p. 214) : plus de soukala (maisons traditionnelles), mais des toits de tôle sur lesquels sont, parfois juchées des antennes télé.
Aveugle, celui qui regrettera un prétendu bon vieux temps...

Natitingou, 5 h 1/4, avant le lever du soleil, l'appel à la prière. Certains s'en plaignent. Je saisis la télécommande pour prendre les infos. C'est aussi cela, l'Afrique, maintenant...


Bè Tammaribè. Bibliographie. Une prière recueillie par P. Mercier, dans Textes sacrés d'Afrique Noire, sous la direction de Germaine Dieterlen, préface d'Amadou Hampâté Bâ, Gallimard, 1965.
Plus récents : les travaux de Dominique Sewane, une ethnologue qui a longuement étudié les Tamberma du Togo voisin. Travaux amendant la traditionnelle distinction entre rites de possession et chamanisme (ou voyance) (p. 54).

A l'est, je ne m'arrête pas à Kouandé (p. 221), mais en traversant la ville on peut mesurer la transformation qu'elle connut en 10 ou 15 ans. Poursuivi par la piste de Péhonko que je ne connaissais pas. Nous franchissons une rivière en crue. Les cars, et de ce fait leurs passagers, sont bloqués de part et d'autre depuis quelques heures.


Villages du Nord. Dans le Septentrion, chaque village a ses plantations récentes de teck . Elles sont de petite superficie, le terrain idéal pour les grandes plantations restant la Lama (p. 237), mais il y a là un moyen de fixer le sol, de fournir du bois d'oeuvre, du fourrage, etc.

 

A Banikoara, un coton de grande qualité
Autrefois le labour était confié à des Peul © Bernard Passot

 

2) Alibori et Borgou. Jumelage entre Orléans et Parakou (p. 188).

 

© Bernard Passot

 

L'autre pays du safari

 

Nature (Le Bénin, l'autre pays du safari :) Parc du W Le campement des chutes de Koudou (p. 200) est ouvert. La Sté Voyageur Sarl inaugurera bientôt un campement identique au bord de la Pendjari à mi chemin entre Porga et l'hôtel.

La gestion de la Pendjari (p. 228) a été concédée à une entreprise allemande, qui a rapidement revu quelques habitudes. C'est un nouveau départ pour ce parc, doté d'un réseau relativement dense de pistes de vision. Une présence continue, seule façon de contrôler le braconnage. Mille huit cent éléphants, assure-t-on, une faune et une flore dont on sait la diversité (p. 229). Travailler sur les infrastructures, certes, mais surtout former des hommes de terrain - et dans ce domaine on ne peut que constater, encore en 2000, des défaillances : le chauffeur n'a pas même un plan du parc, on cale devant un simple bourbier, vitesse excessive sur la piste menant à Batia (p. 227), etc.
En août-septembre 2006, donc en pleine saison des pluies, je ne regrette pas deux phases d'observation devant la mare Bali (Pendjari) - J'observe des cobes de Buffon, il est vrai très banals dans ce secteur.

 

© Bernard Passot

 

On craint que les difficultés du parc national du W ne rebutent les voyagistes, sur lesquels pèse toujours la menace de procès de la part de clients chagrins. Je pense, pour ma part, que le W est idéal pour les voyageurs qui assument leurs responsabilités. Ce n'est certes pas un parc facile.
A la saison sèche, ce sera une excellente destination pour ceux qui veulent s'initier au safari photo. Et à des prix raisonnables. Au point qu'on se demandera pourquoi aller en Afrique de l'Est...
Lamantins
du fleuve Niger et de la Mékrou. Itinéraires.

Le nouvel axe de développement du W (partie béninoise) : d'Alfa Kouara au point triple, en franchissant l'Alibori (appel d'offre lancé à l'automne 2006 pour la construction d'un pont). En attendant, au Point Triple (p. 199), à la saison sèche, on franchit la Mékrou par un gué.
Autre chantier pour le parc du W : la promotion de ce parc, encore méconnu, pourvu que les fonds dispensés dans cette oération ne grèvent pas le budget entretien...

 


A la saison des pluies, ici comme dans le Selous (Tanzanie), les hippos sortent de la rivière pour des sites secondaires. La prudence s'impose, lorsqu'on sait qu'ils comptent parmi les animaux vraiment dangereux. Vu un aigle pêcheur fondant sur sa proie. Les patas ont l'air de vieilles personnes, soucieuses et sévères - ils ont l'air de nous reprocher les deux ou trois pourcents de gènes qui font notre différence avec eux. Aux chutes de Koudou, dont l'accès a été perturbé par les excès de la météo, un bref séjour, comme je les aime au bord de la rivière. Bruit de fond des chutes (je me remémore les torrents dans nos Alpes, on s'y fait), vol de grues couronnées, cri de l'aigle pêcheur, hirondelles, passage d' oies. J'observe la forêt riveraine, de l'autre côté : aboiement des babouins, sous les rôniers... Manque tout juste le ronchonnement des hippopotames, qui sont en vadrouille. Trek en compagnie d'un garde. On ne rapporte pas grand chose de la marche, sinon la toux d'un guib harnaché qui a fui dans les hautes herbes (un frémissements). Chaque saison a son charme. Durant l'hivernage on sait que les performances seront beaucoup moins bonnes, mais qu'elles seront d'une autre qualité.

 

© Bernard Passot

 

Zone de protection renforcée prévue autour du camp de Koudou (interdiction de circuler en automobile) ; on espère qu'ainsi les animaux s'aventureront au plus près des visiteurs.

 

Depuis 2006, les deux parcs (le site date un peu, mais il est d'actualité pour les milieux) sont également ouverts à la saison des pluies. Mais il est clair que la meilleure période pour en profiter réellement court de la mi-décembre à mai (attention ! risque de pluies dès le début de mai). Biodiversité.

 

Les gamins assènent des coups de trique sur le bétail, les pasteurs-fraudeurs dans la zone entourant le W se planquent à l'approche des voitures - petites tolérances pour de petites infractions : ils n'ont pas acquitté la taxe de pâturage… Problème récurent, en Afrique : la poussée des activités économiques (cultures et élevage) à la périphérie des parcs. Ecopas s'effrorce de régler le problème autour du parc du W. Pour le moment le succès de la protection tient beaucoup à la personnalité du patron d'Ecopas Bénin.

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