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Les numéros de pages insérés dans le texte renvoient au guide Tanzanie, Tanganyika, Zanzibar, 4ème édition

Horaires et tarifs : consulter Dar es Salaam Guide, distribué dans les hôtels de la capitale.

1) Au printemps 2002, la Central Line des TRC (les chemins de fer tanzaniens) mise en service au début du XXème siècle, connaissait une catastrophe d'une ampleur inédite en Tanzanie. Pressés de questions, les TRC étaient incapables de dire combien de passager comptait le convoi...
Les circonstances de l'accident : la locomotive tombait en panne en haut d'une côte, peu avant Dodoma. Les freins lâchaient, et le convoi faisait marche arrière en prenant de la vitesse. Il heurtait alors un train de marchandise qui le suivait.
L'enquête était toujours en cours en juillet 2002. Mais il est peu vraisemblable que la vérité soit jamais révélée au public.
Cet accident, et surtout ses circonstances, m'ont conduit à réexaminer le point de vue très favorable qui était jusqu'à ce jour le mien sur le train en Tanzanie. En effet, il est vraisemblable que cet accident résulte de la conjugaison de vieilles habitudes (disons tolérances) des chemins de fer tanzaniens et d'erreurs humaines graves :
– Habitude de surcharger les wagons, tant de passagers, munis ou non de titres de transport officiels, que de marchandises – chacun et chacune avec ses ballots. Cela paraît d'abord très exotique, comme je l'ai vu entre Tabora et Mpanda : à une station, le militaire supposé nous protéger des assauts de bandes incontrôlées, chargeant jusqu'à la gueule son compartiment d'ignames. Depuis l'assouplissement du socialisme et du monopole d'État du commerce, dans les années 80, les voyageurs ont pris l'habitude d'arrondir leurs fins de mois en convoyant du fret.
– La réponse à la privatisation. Le F.M.I. et la Banque Mondiale poussent à la privatisation des chemins de fer tanzaniens. Cette perspective est très mal acceptée par les employés de la compagnie, qui depuis quelque temps assuraient leur tâche avec relâchement.

2) En revanche, depuis des années je mets en garde les lecteurs du guide contre les ferries assurant des liaisons sur les lacs Victoria ou Tanganyika. Je maintiens ces préventions. De même, suis-je devenu réticent sur les liaisons par hydroglisseur, entre Dar es Salaam, Zanzibar et Pemba. Ces ferries où l'on charge plus de passager qu'il n'y a de sièges (et de gilets de sauvetage !), où les passagers envahissent des ponts qui leur sont normalement fermés, où les hommes d'équipage sont invisibles, etc.

3) La route m'a paru plus sûre qu'autrefois (1). Du moins sur les longues distances, avec la réfection du réseau routier, son entretien plus suivi et la multiplication des coupe vitesse (2). Ainsi les bus de la compagnie Scandinavia, confortables et encore bon marché, sont-ils sûrs – on n'en dira pas autant de la plupart des autres compagnies de bus ni des dala-dala. Je révise donc partiellement l'avis négatif que j'exprimai dans le guide, à propos des bus, au profit de Scandinavia, qui vous mènera à bon port, et même au-delà des frontières, jusqu'à Kampala...
Autre chose, je découvrais récemment l'édition 2001 de la carte Harms IC Verlag, "Tanzania Rwanda Burundi", la plus fiable des cartes de la région que j'aie jamais eue en main. Dans les librairies du voyage, comme l'Astrolabe, 46 rue de Provence, Paris 9e, tél. 01 42 85 42 95.

4) L'avion paraît également fiable. Sur les lignes intérieures et en direction des îles – même si certaines petites compagnies ne sont vraisemblablement pas affiliées à l'IATA, les sociétés de maintenance et de contrôle rempliraient convenablement leur tâche. Les Compagnies (p. 271) : Coastal ; Precision Air ; Zanair : Tanzanair ; Air Tanzania ...

*

Alors quel moyen de transport emprunter ? Pour ma part, je reprendrai les bus Scandinavia, l'avion et même (pour le plaisir) le train des TRC (attention ! le site web n'est pas vraiment à jour), avec l'espoir que les leçons auront été tirées de la tragédie de 2002.
J'ai emprunté deux fois (la dernière en 2002) le Tazara, le chemin de fer Dar es Salaam-Zambie – une autre société de gestion que les TRC. Les travaux d'infrastructure m'ont paru plus massifs et moins fragiles que ceux des TRC.
En revanche, j'éviterai désormais tout ce qui est censé naviguer, dans la crainte d'un naufrage majeur.

 

(1) Attention, tout de même ! Ce genre d'avis devrait être validé tous les deux ans. Or l'amélioration constatée en 2002 sur certains grands axes routiers de Tanzanie ne m'a pas été valablement confirmée depuis lors.
(2) Au point que le réseau routier, qui a déjà éliminé la liaison ferroviaire passagers entre Dar es Salaam et Moshi, étend sa concurrence à la Central Line... On voit mal, dans ces conditions, réussir la privatisation des TRC.

 

Commander "Tanzanie, Tanganyika, Zanzibar", un guide de TOUTE la Tanzanie