Actualité Culturelle Les numéros de pages insérés dans le texte renvoient au guide Tanzanie, Tanganyika, Zanzibar, 4ème édition, Editions L’Harmattan, Paris Un ami, à qui j'ouvrais mon placard d'objets d'Afrique décrochait un couple de statuettes nyamwezi. Je l'observais alors qu'il les retournait dans ses mains, longuement. Il n'était pas familier de l'Afrique Orientale, ni de la statuaire de cette région, mais il murmura "Celles-ci sont belles". C’était un couple, tout simplement, mais en aucun cas une entité forte. Ce n’était pas une pièce  ancienne non plus – je l’avais acquise en un temps où je me moquais bien de la patine. Combien de fois m'est-il arrivé, sur le terrain, de douter de mon goût ? De penser même que je manquais de sensibilité, de légèreté. Pourtant s'il est une chose qui pourrait me libérer du conformisme, sans geste théâtral, c'est bien l'art... Le conformisme peut aussi s'installer dans l'art africain. Alors n'achetez que ce que vous trouvez beau. Le meilleur expert, c'est vous. N'est-ce pas JP Barbier qui écrit cela, dans une revue du musée : "C'est vrai parce que c'est beau" ? Mon ami avait réagi spontanément : les deux statuettes nyamwezi avaient plus de caractère. Et je l'avais moi aussi ressenti lorsque j'avais acheté le couple. * Collections. Antiquity désigne des objets ayant plus de 50 ans, avec une belle patine d'usage et ayant eu des fonctions soit dans les rituels soit dans la vie quotidienne. Autant de critères difficiles à réunir, qui n'échappent pourtant pas au premier regard de l'expert sur l'objet. Mais, du moins à mon sens, plus que l’ancienneté et la patine, ce qui fait la beauté de l'objet c'est quelque chose qui sort de son ventre. On ne perd rien à se tourner vers les chefs d'oeuvre, les pièces de musée ou les ventes. Parfois vous aurez les résultats de la vente, mais n'oubliez pas qu'il s'agit de collections exceptionnelles. (Je n'aurais pas écrit ce que j'ai écrit dans le guide du Bénin si j'avais vu ce document). Voilà ce que donne une vente "normale". Dites-vous que vous allez vraisemblablement perdre vos illusions et de l'argent, mais que vous ouvrez une porte sur un autre monde. Ayez toujours à l'esprit que ces objets ont été manipulés par d'autres, essayez de capter leur  mémoire. Vous n'avez pas perdu votre instinct d'évasion. Maintenant, il y a autre chose qu'il ne faut pas perdre, c'est son sang froid. Les vendeurs font du forcing...   Rudes négociations, donc, avec le "prospecteur" de Chalinze. Nous rabattrons de 30%. Pas plus. Une semaine plus tard, dans l'église Saint Joseph de Zanzibar, une statue du curé d'Ars. Un expert vous dirait si cette statue de plâtre est conforme au modèle original. Qu’est-ce qui est recherché ? La protection de la communauté ? L’exemplarité du saint ? On parle beaucoup de patine, dans les milieux de l'art africain. Je ne suis pas un spécialiste, mais  je trouve qu'on en parle trop. En revanche on parle peu des conditions dans lesquelles on a acquis l'objet, des conditions qui  vous ont fait entrer dans son histoire.  C'est un souvenir du voyage, mieux que des photos, malgré l’inexorable jugement de l’expert – «  Tu t'es fait refiler un faux ». Le marché, qui pourrait faire des folies pour une cocote en papier sortie des doigts de Picasso  (signée, bien sûr), rejette une poupée sculptée par un artisan, pour accompagner une jeune-fille à  l'un des tournants de sa vie !  Eh bien, je ne l'abandonnerai pas. C'est elle qui m'a introduit à Bagamoyo. Et puis, je fais  observer à l’expert que celle-là, si elle n’a pas de visage, elles a une chevelure, qu’elle est  sculptées dans un bois lourd... Je l’aime, ma poupée, même si le marché n’en veut pas : nous  avons déjà une histoire partagée.   * * * Il y a quelques années l'Afrique de l'Est était qualifiée, du point de vue des arts plastiques, de "région résiduelle" (présentation d’une exposition au musée des arts d’Afrique et d’Océanie). Par rapport à l'Afrique de l'Ouest, bien sûr. Il est vrai que la production de masques et statues est moindre entre l'océan Indien et les grands lacs. Mais que de pépites ! A lire en priorité. Louis Perrois, Pour une anthropologie des arts de l'Afrique noire, in Arts de l'Afrique noire, collection Barbier Mueller – "En fait, il s'agit toujours d'admettre que les gens vivent autrement, pensent et créent différemment". Cliquez encore ici (monoxyle mais aussi marionnettes, pour évoquer les morts). Autres passages sur la Toile : Central and Southern African Tribal Art ; l'authenticité. Reproductions des plus anciennes et plus rares figures produites par toutes les ethnies de Tanzanie. Ce que vous ne pourrez jamais acquérir.  Emergence des arts d'Afrique de l'Est : je suis certain que cette partie du continent a rapidement  suscité l'intérêt de collectionneurs passionnés, allemands et britanniques. A  Zanzibar, au XIXeme on a déporté des esclaves, mais dès le XXeme on a commencé la déportation des Esprits – à propos, on ne libère pas les uns et les autres aussi facilement qu’on libère un oiseau en cage. Le dialogue avec les artistes, ceux du littoral, de l’arc montagneux ou des grands lacs, ce dialogue est ouvert aux collectionneurs... et à l’homme d'affaires qui est en eux – homme d’affaires originaires d’Europe, des Amériques et de plus en plus d’Asie. L’homme d’affaires s’entendra avec les artistes (ou producteurs ?) africains dans l’art de vendre un supplément d'âme. Sur un site internet les statuettes nyamwezi sont identiques. Mais dieu merci je ne retrouve pas la mienne, celle qui crie. * * * Vous ouvrirez le circuit artistique par le marché aux “antiquities” de Mwenge, à la périphérie de Dar es Salaam – c’est à dire les trois ou quatre boutiques qu’y tiennent d’authentiques antiquaires. A Mwenge, les sex-toys en bois ont une vertue éducative. Et dans les Vosges ? Un jour peut-être... Ethnies  L’ouest de la Tanzanie a d'indéniables parentés culturelles avec la cuvette congolaise. Une illustration : les Tabwa du Haut Congo ont migré vers le sud du lac Tanganyika, puis certains d'entre eux remontaient jusqu'à Ujiji, où ils contrôlaient la traite. Plus connus, les Nyamwezi du “pays de la lune” (p. 229) et les Sukuma du lac Victoria (p. 231)  entretenaient des relations lointaines avec les Bantu implantés à l’ouest du lac Tanganyika. Sur la sculpture nyamwezi, ouvrir le site de “Détours des Mondes”.  On observera que les statuettes nyamwezi sont généralement entourées de bandes de tissus, ce qui facilite l’appréciation de leur ancienneté. Les Nyamwezi confectionnent aussi des statuettes articulées. Et je regrette de ne pas en avoir rapporté, du moins pas encore, ce qui m’aurait permis de mieux en parler. Elles se démontent en plusieurs pièces. Il peut s'agir de jouets, alors elles ne seraient pas “chargées”, comme l’affirment les uns. Mais d’autres en font les représentations d’ancêtres... Ce n’est qu’un autre point à éclaircir... Les statues-pantins se retrouvent chez plusieurs peuples, tant en Tanzanie que sur tout le continent et au-delà... Les gardiens de la maison, les statuettes protectrices, aux larges oreilles – une signature nyamwezi, mais je ne pense pas une spécificité. Ces "grandes oreilles" désignent-elles une entité à l'affût du moindre bruit suspect, des indésirables ? Un autre sens ? Dans une religion populaire elles sont les "médiateurs" entre les deux mondes, comme des interfaces. On les trouve dans toute l’Afrique centrale, comme en Zambie. Au Bénin elles seraient plus que des bocio, elles seraient des divinités protectrices, des Legba. La statuaire nyamwezi (ou peut-être tongwe) : des personnages pas toujours hiératiques (ceux qui vous font penser à des êtres distants qu’il vous est arrivé de croiser), mais des personnages fragiles, vulnérables, qui se libèrent du cri. Présumé nyamwezi, le gardien "assommeur" – Je ne crois pas aux explications sur ce fétiche protecteur se transformant à l'occasion en assommeur. Mais il a donné tant de coups que je l'achète. Plus intéressantes (bien que je ne les ai pas encore déballées) deux statuettes, nyamwezi toujours, l'une correspondant peu ou prou aux mwana hiti de la région côtière et l'autre symbolisant la femme devenue mère. Autre objet : un olifant, qu’utilise le chef du village pour convoquer le Conseil. Le truchement m’indique une origine nyamwezi. L’acquisition qui m’a le plus excité. Au programme du prochain voyage : des "Statues de piquet funéraire" nyamwezi. Poupées rituelles nyamwezi  Lien 1 ; lien 2 ; lien 3 ; lien 4. Elles sont faites pour un rituel qui m'échappe et sur lequel je n'ai pas d'indication. Pourquoi ai-je acquis ce couple de statuettes perlées ? Il ne serait pas faux de dire que sur l'instant c'est en raison des bras faits de bouts de moquette. Peut-être ai-je voulu me racheter d'un achat maladroit que j'avais fait l'an derner – alors que la réplication aurait dû m'alerter. Il n'est pas illégitime de se demander si les intermédiares ne m'ont pas fourgué un produit de la Croix Rouge sud-africaine, dont la confection occupe des jeunes filles abandonnées – elles méritent naturellement l'estime de chacun pour ce travail bien exécuté... Et si ces poupées n'étaient plus QUE des poupées pour petites filles ? Ou bien un présent d’usage, comme un cadeau de mariage ? A moins que ces poupées ne soient effectivement dédiées à un rituel... En réalité les poupées 2012 sont plus élancées, plus élégantes que celles de 2011. En outre, elles ont été utilisées dans des rituels – en témoigne la croute qui les recouvre. Ces poupées ont vécu. Un peu plus au sud, chez les Hehe d’Iringa, sont les masques. De même que plus à l’ouest, chez les Fipa, ou au nord de l’Unyamwezi, chez les Sukuma de Mwanza. J’en regrette certains, en particulier de facture fipa ou hehe – masques fipa, masque sukuma, masques sumbwa (dans la galaxie nyamwezi, district de Shinyanga, au sud du lac Victoria)... * L’arc montagneux. Les Waluguru (p. 69). Les sièges sont trop volumineux pour moi. A l'atelier de Mwenge, je suis sûr qu'on me ferait une salle à manger, d'un style composite, nyamwezi-luguru-zaramo – mais je ne crois pas que ce serait une bonne idée. Allez sur ce site. "Chez les Zaramo, on remarquera souvent de petites mwana hiti  (...) au sommet du siège." Un premier informateur m'assure que les sièges luguru sont encore fabriqués près de Kisaki, dans le secteur de Fuga, à la lisière septentrionale du Selous. Un autre informateur, moins disert, me dit que je ne trouverai rien dans les villages jalonnant la route Morogoro-Kisaki, si je ne m’enfonce pas à moto ou mobylette, vers les hameaux dispersés, ajoute-t-il en souriant. La confection des sièges anthropomorphe est un domaine où s’illustrent en particulier les Waluguru. Mais chaque chef nyamwezi possède lui aussi le sien – il s’en trouve un splendide, d’origine nyamwezi, quai Branly. * La région littorale, entre l’océan et l’Arc montagneux, n’est pas le domaine exclusif des Makonde. Les créatifs n’y manquent pas, issus d’autres tribus, qui ont créé d’autres objets rituels ou familiaux. Elles sont 9 sous-tribus dans le groupe Mijikenda, établies  sur le littoral, de la Tanzanie à la Somalie, qui produisent des poteaux funéraires, ou vigango. Parmi eux les Digo sont instalés au nord de Tanga. Ce sont des Bantu (p. 35) et à la limite septentionale (?) de l’aire d’extension de leur groupe linguistique. Ils sont patrilinéaires, me dit-on, lorsque leurs voisins méridionaux (Kwere, Zaramo et autres) étaient à l’origine (il n’y a pas si longtemps), matrilinéaires (p. 128). Les Zigua (p. 154). La prochaine fois, j'approcherai les poteaux funéraires chez les Kwere (p. 129) et les Zigua. Les Zigua (au nord des Kwere, dans la région de Tanga) honorent leurs défunts avec des statuettes – comme les Zaramo avec leurs marionnettes. A propos des poteaux funéraires, il ne serait pourtant pas invraisemblable qu'on puisse aller chercher une filiation du côté de l'Indonésie, comme pour les aloala malgaches – Morondava, sur la côte ouest de Madagascar, qui était naguère un endroit où l'on pouvait épuiser un goût naturel pour l'exotisme et sa curiosité pour les arts premiers, les baobabs grandidieri, les lémuriens, les tsingy, la géomancie d'origine arabe... Les Kwere (région de Chalinze) et les Zaramo, de la région de Dar es Salaam, sont connus pour leurs poupées de fécondité. Les Mwana hiti, "enfant de bois", sont remis aux jeunes filles au moment de l'initiation (cf. Détours des mondes). Les mwana hiti sont lavées, vêtues, décorées de perles, nous dit Détours des Mondes. "Des objets courants en Afrique, mais toujours liés à un symbole de fécondité." Les mwana hiti kwere sont sensiblement plus grandes que les autres. Les statuette kwere qui m’ont été  présentées n’étaient pas élégantes, sinon j'en aurais acquis. Ce sera pour un prochain voyage, avec d’autres truchements. Autres sites : site 1 ; site 2 * * * Revenir vers les Makonde (p. 150), pour dépasser l'image qu'ils laissent propager d'eux-mêmes. Pour le  moment les Makonde m’agacent, sans doute parce que je les connais mal. J'attends le Makonde qui se distinguera de la tradition, qui apportera une touche originale. Une observation : les masques de ventre makonde me paraissent tellement semblables à ceux que j'ai photographiés au Bénin (Covè) – mais où les trouver ? Je ne sais comment interpréter cette ressemblance. Au delà du style, il y a la fonction et le sens – il faudrait assister à une mascarade makonde. Sur les Makonde, culture et arts, je vous recommande Wikipedia. Sur les objets rituels makonde, ouvrez ces sites : masques mapico (celle-ci est une danse d'initiation) ; Initiation des filles. La sculpture est au coeur du mythe de la création, chez les Makonde – chercher Shore-Bos Modern Makonde. A Discovery in African Art. On me dit en 2014 que les masques-ventre abondent au marché de Mwenge... * * * J’ai ouvert le premier emballage d’”antiquities” avec Eric. Lui-même a dans le passé importé des objets dits ethniques et les a vendus à une galerie. Pour se faire de l’argent de poche. Ainsi le lot est inégal : matière brute d’un gardien-cogneur, récupéré dans une concession où il avait été oublié – Cave canem, en somme, avec une force surnaturelle qu'avait peut-être l'icone de mosaïque. Qu'est-ce qui fait la valeur ? Un supplément d'âme, un complément d'identité que l’objet va donner au collectionneur. Ça plutôt que d'acheter des parts d'usine en Chine, plutôt que de refaire sa salle de bains, ou planter un arbre dans son jardin... On emporte aussi quelque chose d’un peuple dont on apprécie les qualités, le mode de vie, l’environnement... * * * Dans le hall de l’Hotel Tanzanite, où ils sont venus de Mwenge, ils ouvrent le feu à 4.000 USD, pour le lot, cela s’entend. Ils vous rappellent à l’envi qu'ils  sont votre ami, qu'ils vous connaissent depuis des années. Mais qu'avez-vous fait depuis des années pour vous faire remarquer comme cela ? Sinon vous faire rouler  comme un bleu ? Vous êtes décidé à ne plus vous faire avoir et ils s'en rendent assez rapidement compte. Vous avez compris qu'il n'y a pas de honte à baisser les prix de 70% et que c'est à eux de trouver une solution honorable pour tous, en reconstituant des lots. Vous avez aussi compris que pour ces marchands les vaches grasses c'est fini, parce que la demande en Europe et aux USA s'est calmée. Tout le monde a son bocio (le gardien de la concession familiale, chez les Adja-Fon) et ce qui est maintenant tendance, ce sont les arts contemporains. Or l’Afrique ne manque pas de plasticiens créatifs, à l’est comme à l’ouest du continent. Vous savez aussi que, certes la beauté de l’objet prime, mais que son histoire et sa fonction passée ont aussi leur importance. Et vous constatez que sur ces sujets là, les gus qui sont devant vous n’ont rien à dire de sérieux. Maintenant, c’est le moment de répertorier ce que je n’ai pu obtenir. En particulier, je n’ai pas trouvé de ces statuettes nyamwezi au visage ovale et à l’allure hiératique, comme il ne s’en trouve peut-être plus / les pièce nyamwézi sont généralement habillées de peau tannée et cousues. J’acquiers aussi une statuette originaire de la région de Kigoma - une région que j’ai naguère traversée en ralliant Mpanda à Kigoma (p. ???) : un homme âgé qui paraît réfléchir. C’est un objet pour soigner de la mélancolie, de l’âge (qui est pourtant une “valeur” en A.), la maladie, le mal-être c’est tout pareil... est-ce protection d’un ancêtre ? Le cheminement normal d’une existence qui s’avance vers l’au-delà. Peut-être même la confection est-elle récente ? Il a été bouffé par les vers, rongé par la terre dans laquelle il était enfoui... Je n'en dors pas, j'imagine une fabrique d'antiquités à Chalinze... Et puis, me dis-je, comment peut-on être honnête lorsqu'on lâche pour  200 USD ce que l'on a mis à prix 1.500 ! Oui mais cette poupée de fécondité kwere, elle est belle ! C'est la raison pour laquelle elle l'emporte, contre toute autre (dé)raison. Autre chose, je constate que dans leur réunion des pièces en un seul lot, ils ont baissé différemment le prix des pièces. Leur faire faire le plus d'assortiments possibles pour découvrir la valeur réelle de chaque pièce Ils troublent le jeu en demandant des prix absurdes sur certaines pièces, ils débinent leurs collègues, mais chassent en meute. Ils sont un petit groupe d'intervenants où se retrouve le "prospecteur" de Chalinze. Ils veulent vous faire croire que vous êtes leur ami. Une fois encore je me suis fait avoir. Heureusement l'antiquaire du matin qui me connaît depuis des années et reste discret m'a vendu, je crois, de bonnes pièces. Et puis j'aurai la satisfaction de n'avoir laissé que quelques billets dans leurs griffes.  Je ne suis plus certain que les oreilles  distinguent les doll kwere pourquoi la dernière que j'ai acquise est rongée ? Parce qu'elle a été découverte récemment. Si elle avait été acquise il y a cent ans elle serait patinée, certes, mais en bon état Vente en ligne de Mwana Hiti  mwana = enfant  ? Bagamoyo. Après une deuxième visite au Old Market, il me semble que l'inspiration des artistes a évolué : plus d'abstraction, moins de Masai (même s'il en reste beaucoup / à ce propos je regrette de ne pas avoir visité le marché d'arts plastiques d'arrusha) j'ai également vu des statues contemporaines où on voit de la recherche – comme dans la statuaire, tribale, d'ailleurs, mais ces statuettes n'ont pas un sens religieux ou de fonction sociale. Nyamwezi 1  Nyamwezi 2 Masque nyamwezi  Arts contemporains L’Alliance française de Dar es Salaam, Box 2566, tél. 21 31406, (afdar@africaonline.co.tz) exposait en octobre 2002 une cinquantaine d’œuvres de sculpteurs makonde disparus : Chanuo, Focas, Fundi, Karinto, Madanguo, Samaki, Valentino. Ces statues datent pour l’essentiel des années 70. (?) + TingaTinga et George Lilanga ? OUI Les arts contemporains sont dominés, en Afrique de l’Est, par la figure de George Lilanga, un plasticien décédé en 2005, qui a une cote en Amérique, en Europe et en Asie. Autre site  A Dar es Salaam, dans  les anées 70, les années de Tingatinga. Les amateurs qui achetaient Lilanga faisaient une bonne affaire. Pourtant on aurait pu penser que les shetani, les esprits que représentait Lilanga sortaient d’un magasin Ikea – enfin, c’est ce que je pensais alors en les observant ; d’ailleurs Lilanga a été consacré par les Scandinaves. Lilanga, père, fils ou neveu... Mais à l’époque il me semblait qu’Ousmane Saw ou le Togolais Paul Ahyi (?), eux, inventaient un style. Par manque de discernement je n’avais pas distingué George Lilanga. Lilanga a fait des émules en  afrique de l'Ouest (si, au musée de la fondation Zinsou - qui est une formidable innovation, avec l’ambition de réunir des plastitiens originaux), au Togo où on ne le connaît sans doute pas Je ne sais pas si Lilanga a copié, mais il a incarné quelque chose de l'Afrique, qui a été diffusé dans le monde entier Quel circuit suivre lorsqu’on s’intéresse aux arts d’Afrique orientale ? Trois artistes contemporains, sélectionnés ici parce qu'ils sont parmi les plus abondamment cités : Agostino Malaba, John Fundi et George Lilanga. Si vous voulez poursuivre la recherche d'artistes contemporains, explorez d'abord la toile, par exemple. Galerie virtuelle, artistes d'Afrique de l'Est et australe. Bagamoyo. Au "marché des arts", je retrouve une semaine après l'avoir achetée la copie exacte d'une oeuvre pour laquelle j'ai vanté le renouvellement de l'inspiration. Mais il y a là intentention de tromper. Je recommande de ne rien acheter dans ce marché tant que ses responsables n'auront pas instauré une certaine éthique. Ou bien faites baisser de 75% le prix demandé. Ils exploitent un filon, c'est leur droit. Réflexion faite je demande à être prévenu lorsque quelque part le marché de l'art ne sera pas truqué... A Bagamoyo, Hasan Majesh, 35 USD pour une toile de la même veine que celle du restaurant Poa- Poa, beaucoup moins pour une peinture de Justin Cusbert, d’Omar Abduly ou encore Msaciri.   * * * Sorciers, devins (p. 54). Après avoir consulté un devin dans la palmeraie de Bagamoyo, il y a quelques années, et à Madagascar avoir consulté les devins de Morondava, j’avais programmé de retourner à Pemba et d’y approcher quelque médium. A Bagamoyo, le devin travaillait sur le coran. En réalité un voyant qui vous sortait : “Qu’est-ce que tu allais faire, il y a si longtemps, sur cette plage ?” La plage où je m’étais cassé le cou, quarante ans auparavant, et personne ne le savait dans mon entourage à Bagamoyo. Le devin posait les questions et faisait les réponses : “C’était écrit”. Je voulais voir les devins de Pemba. Une vieille culture sur laquelle il existe peu de documents Sorcellerie. En 2012, je ne pouvais aller à Pemba, pour cause de chute. C’était écrit... * * * Arts traditionnels, ou comment se faire avoir en y prenabt (tout de même) du plaisir. Trente années durant je trompai l’infirmité par (ou avec) l’Afrique. Il faut bien le dire, l’exotisme m’émentait. J’étais une proie pour l’exotisme, j’étais léger, ah ce que j’étais léger dans mon silence et ma solitude, léger. Et comme si l’Afrique savait comment faire avec les toujours égarés, elle me donna la curiosité. L’Afrique m’invita à partager son existence. Cela tombait bien, car j’avais ainsi un partenaire, avec lequel j’écrivais des livres. J’acquérais certaines clefs de l’Afrique, de ses recettes et manières de voir, de ses dieux et de leurs représentations, et pour aller au plus concret, de ses ancêtres et de la façon de dialoguer avec l’autre monde, celui-là où je ne m’étais pas laissé prématurément entraîner. Pourtant au fur et à mesure, autour de moi le rang des générations se reformait dans la cour d’à- côté. Je me tourne vers les statuettes. Y vois-je réellement les entités spirituelles qu’y voyaient leurs familiers, dans une autre vie. Ce sont des gardiens – protéger, prévenir, défendre –, ce sont les dieux bienveillants, les ancêtres divinisés, naturellement protecteurs de leur clan.  Donc, revenu d’Afrique j’ai déballé mes objets avec gourmandise. C’est un plaisir qu’il faut faire durer.  Mais c’est aussi une épreuve qu’on peut vouloir retarder. Dans leur emballage, ces représentations d’ancêtres ou d’autres entités spirituelles sont toujours en Afrique. Ne vont-elles pas prendre une place indue dans votre vie ? (A vos objets, faites subir un séjour dans un  congélateur : les petites bêtes qui s’y trouvent peut-être n’apprécieront pas du tout). Le 26 octobre 2012, A. H. m’appelle pour me prévenir que son après-midi sera libre. Je sais ce que cela signifie : c’est l’opportunité pour tous deux de sortir les derniers objets encore emballés. Je songe à ceux qui ne sont pas là, en particulier aux masques qui, certes, n’étaient pas sans intérêt, mais que j’avais refusés au “collecteur”, parce qu’il fallait commettre l’injustifiable – vous reprenez alors la main et cela déclenche des remises sur d’autres lots... Je reviendrai vers les masques fipa ou hehe, lors d’un autre voyage. Les pièces rapportées en 2012 sont maintenant dans l’appartement. Je dialogue avec elles, parfois je ressens le besoin de nous nourrir d’un nouveau voyage, d’odeurs, d’émotions, d’un air de chez elles... Art traditionnel, discuter, acheter Cette statue corrodée, au visage d'enfant et à la poitrine de femme, elle m'a fasciné. Je ne sais pas quelle était sa fonction. En tout cas elle a souffert. Soit enterrée vivante dans une termitière pour tromper un gogo, qu'est-elle censée (son usage) ? Faisons comme si elle était authentique... Protéger ? Je ne crois pas ! Elle ne fait pas peur. guérir ? Honorer ? Et quoi encore ? Commander ? Alors, peut-être un mwana hiti qui a évolué, a suivi sa croissance. Mais dans quelles mains était- elle ? A qui était-elle destinée ? Un message ? La suivante aura-t-elle un enfant sur le dos, comme chez les wanyamwezi ? Pourquoi ne pas avoir donné quelque part à une mwana hiti une vraie poitrine ? En fait les Kwere le font. Photographié une femme donnant le sein (un thème qui n'entre pas lui non plus dans les schémas antérieurs). Du moins je ne le retrouve passur internet, mais qu’est-ce qui est authentique ? Ce qui jaillit du génie d’un peuple, sans calcul... Et si c'était un faux, n'apporterait-elle pas plus au curieux qui, les jambes coupées ne peut aller y voir ? Méditer, c'est un thème récurent; J’aime particulièrement celle-ci, dont je ne sais si elle est ancienne : un vieillard méditant, le menton appuyé sur ses poings fermés ; des symboles que l’on n’a pu déchiffrer pour moi. Kwere 1 ;  Kwere 2 ; Kwere 3 ; Notes jetées sur un carnet, à Mwenge. Statuettes (mwana hiti de différentes tailles), statues funéraires, instruments de musique, peintures acrylique... Acheté (2010) Sculpture 40.000 / ; grande statue kwere 140,000 / ; mwana hiti kwere 20,000 / ; autre statue 90,000 ; statue gogo 50,000 / masque hehe ; tissus 12,500 / A Mwenge, la qualité n'est pas là. Je ne trouve pas de pièces charmantes, forte ou inspirée. On mélange des styles : le zaramo-kwere domine et se retrouve dans le nyamwezi. Le littoral s’affirme terre d'islam. Kwere à toutes les sauces. Des "poupées nyamwezi emperlouzées jumelles de celles que j'achetai il y a deux ans. Je suppose qu'elles sortent d'une institution religieuse, d'un orphelinat, etc Ce mélange s'opère dans les ateliers derrière les boutiques. Je suis étonné par le nombre de masques-ventres makondé. Les oliphants peut-être vrais, mais on progresse vers le gigantisme. Les  vendeurs ne savent plus ce qu'ils vendent. A les entendre, les pièces ont toutes 60 ou 70 ans, en tout cas plus de cinquante ans, ce qui permet l'appellation "antiquity" Peu de clients, agressivité des vendeurs. Les prix entre 200 et 300 USD. Des pièces que l'on voit partout Lorsque vous avez surpayé une estampe japonaise, quelque chose vous console : la beauté affichée sur votre mur. L'afrique a usé de son art comme de ses mines de coltan. Certes moins de morts, mais bcp plus de cocus... Je  n'ai jamais bien su  quelle était la demande du public, sinon en observant le mobilier et les décorations de la rue ou bien les oeuvres du monument que fut George Lilanga. Le public ne sait pas ce qu'il attend et c'est la fonction première de l'artiste de le lui  révéler. Le masque acheté à Mwenge, dans une boutique à la périphérie, étrangement beau mais très vraisemblablement une copie. Je le croyais fipa, mais il est plus vraisemblablement hehe. Il n’a pas d’oreilles. La question (toujours) : a-t-il dansé ? Pas de trace d’usage, notamment aux trous qui servent à la fixation du masque complet. Des scarifications que je ne connais pas. A mon avis, je n’ai pas été suffisamment attentif et il s’agit d’une copie. Mais cela ne l’empêche pas d’être beau, très beau et expressif. Il m’a été présenté comme un masque nyamwezi, mais pour certains vendeurs non avertis est réputé nyamwezi tout ce qui est originaire de l’hinterland. Les gugus me vendent à l’hôtel un penseur tongwe. Il n’a ni l’authenticité ni l’ancienneté de celui-ci  (42 cm de hauteur, datant du début du 20° s, mis à prix à 190 euros dans une galerie allemande) et ils se font une bonne marge dessus. Mais une fois encore, si mon “penseur” n’est pas une pièce de collection, il me plaît. En outre je ne possède pas d’autre objet provenant de Kigoma. Comment ils m’ont “eu” : en noyant un ou deux rossignols dans un assortiment. Ils m’offrent tout de même une mwana hiti (poupée de bois), petit geste invitant à revenir... Retour à la maison : la phase dépressive du déballage... S’informer : ne manuez pas les catalogues de ventes, comme celui-ci (vente à Chinon, le 30 avril 2016) Archéologie Il se dessine aujourd'hui un mouvement visant à restaurer les ruines de Kilwa Kisiwani (p. 142) et de Songo Mnara (p. 148). La France est partie prenante, avec le Japon, dans ce projet. Un seul souhait, pour ma part : que l'on préserve Kilwa Kivinje à l'état de village de pêcheurs. L'unique auberge de la petite ville du XIXème siècle se souvient peut-être de touristes adeptes, sans en faire trop état, d'un tourisme culturel... Bibliographie : un ouvrage en français sur la restauration de Kilwa est en vente au musée de Dar es Salaam. Kolo (p. 221), les peintures pariétales ce n'est pas une écriture, même si ces peintures disent quelque chose. Le site est à portée de voiture du sud Tarangire (p. 220). Je confesse n’avoir pu me rendre à Kolo. Bibliographie Textes sacrés d'Afrique Noire, choisis et présentés par Germaine Dieterlen, préface d'Amadou Hampâté Bâ, Ed. Gallimard : Prières des Masaï, recueillies par A. C. Hollis (On parlait encore de Hamites, ce qui aujourd’hui fait de vous un fossile) ; Prières des Chagga, avec une lumineuse présentation des Chagga, par B Gutmann ; etc. Sur les Zaramo, qui occupent la région littorale (p. 129). Poésie orale swahili, outre le taarab (p. 325) : les Etudes Africaines. A méditer : les Chinois au Zanzibar... Les Chinois en Afrique, Le Monde, 30/03/2013 Géo  Le magazine Swahili Coast, distribué par Coastal Aviation. Beaucoup de publicité d’ordre commercial et parfois culturel. Swahili, bibliographie, Françoise Le Guennec-Coppens et Pat Caplan (sous la direction de) Les Swahili entre Afrique et Arabie, Credu-Karthala, 1991. Commander "Tanzanie, Tanganyika, Zanzibar", un guide de TOUTE la Tanzanie Accueil du site Quatrième de couverture Tanzanie Informations pratiques Tanganyika Actualité Dar es Salaam Actualité Littoral Actualité parcs du Sud 1 Actualité parcs du sud 2 Actualité parcs de l'Ouest Actualité Arusha et Nord L’Economie par thèmes Une approche culturelle inspiré de George Lilanga