Parcs du Sud (1) Mikumi et Selous On se la joue Buffles dans la plaine sans arbres, le gnou nyassa, habillé comme pour une soirée, porte shantung au revers de la veste et culotte blanche – ou crème. On cherche les arbres à saucisses. Otto me regarde en coin, je comprends qu'il ne croit pas à un   léopard, qu'il s'est tuyauté auprès des rangers et que personne n'a vu de léopard dans ce secteur, ni ce matin, ni l'an dernier. Otto est un guide connu dans les circuits du sud, où il n'y a pas la concurrence qui les fait s'écorcher dans le nord du pays. Je sais que les rangers et les chercheurs (ceux que nous croisons le matin, une jeune femme qui travaille sur le Selous), pratiquent l’échange de bons procédés, mais opportuniste, Otto s'est collé derrière un range rover d’apprentis scouts. Le buffle est là du matin (ou de la veille) – c'est toujours un peu le zoo, ça l'est moins ici que dans le nord, mais ça l'est. Les chasseurs envoient des pisteurs, et ce n'est pas plus “sport”. Il ne faut pas être plus exigeant que cela, parce qu'on risquerait de se priver de beaucoup de choses. Quand on sait, on fait semblant de croire, on félicite le guide et on finit par y croire. Le lion est là, lui aussi, sous un buisson. Un lion qui prend la peine de nous lancer un avertissement – il faut éviter de dominer un lion, l'idéal serait de ramper vers lui, mais arracher un rugissement c'est plus vrai. Voilà un vrai lion, pas une peluche, et d'ailleurs si on en doutait les petits yeux sont là – il halète. Je lui dis qu'il ne me fait pas peur, mais que c'est une bonne chose d'avoir fait sa connaissance. On aperçoit la femelle, applatie derrière les buissons, deux lionceaux serrés contre elle – le fourré est impénétrable. C'est un moment avec des lions, pas un grand moment, pas un moment complètement vrai, puisque je suppose qu’Otto tient ces lions des rangers. Souvent les visiteurs observent les lions lorsqu’ils se détendent, se donnent des mignardises de génération à génération, jouent, ou bien sont embringués dans de longues et répétitives histoires d'amour, jusqu'à épuisement du mâle (il faut voir comment elles les rappellent au devoir conjugal !). Une histoire de chasse et de mort, c'est plus difficile à oberver, et quand vous avez cette chance ça vous prend plus au ventre. Une autre fois, à Katavi, j'avais eu un beau lion – de l'autre côté de la rivière, et derrière lui il y avait la plaine sans fin, sans animaux réellement identifiables, la plaine que je scrutais avec les jumelles. Je reconnaissais dans le lion de Katavi un être seul, les pattes avant couchées sur sa proie, la crinière souillée de sang et de boue. J'ai l'impression qu'entre lui et moi il y a toujours un lien. Il vient me visiter la nuit, de temps en temps – les lions qu'on possède dans son sommeil sont plus vrais, naturellement. Prenez ça comme ça se passe dans un clan, entre les vivants et les défunts, entre deux mondes, autrement vous ne saurez pas pourquoi vous aimez les lions. Je ne les aime pas plus que les autres, je les aime quand ils sont pathétiques, lorsqu'ils sont vieux et qu'ils ont été dégommés, lorsqu'ils traînent dans la brousse comme des demi-soldes de l'Empire. Je les aime de toute façon moins que les lycaons, mais ça je tenterai de vous l'expliquer plus tard. Vous me direz : pourquoi tant de fatigue (et de dépenses) pour chercher à voir des animaux ? Pour la manière. Comme à la chasse, plus que le trophée compte la manière. Le geste, au sens d'un geste opératoire. Maintenant on m'appelait “Papa”, un papa que j'aurais voulu faire transformer en Mzee – tout cela m'obligeait à ne pas hausser la voix, que ce fût avec mes compagnons ou bien avec Otto, ou Lazare (Otto était originaire du Sud et Lazare se disait issu d'un Masaï de la région de Musoma. C'était là haut, près du lac Victoria, où se déroulait la migration des gnous et qui voyait passer celle des touristes. Et où je n'irais plus. Serais-je recyclé en Mzee ? Jusqu'à ce que je sois définitivement Mzee, je retournerai à Mikumi et dans le Selous. L'état de Mzee, c'est comme celui d'ancêtre : il faut du mérite pour le décrocher. Finalement, cette fois-ci ils ont continué à m’appeler “Baboo” (grand-père), “Baboo Safari”. C'est pas ce qu'il y a de mieux. J'ai dit qu'on pouvait m'appeler comme on voulait, que ça n'avait pas d'importance, pourvu qu’on ne m’appelât pas “Papi”, puisque qu’il y avait des limites à ne pas franchir, que nous n’étions pas dans une maison de retraite, etc. (1) Ils avaient l'air de trouver ce “Baboo Safari” très flatteur, mais moi je savais que je resterais un type qui ne savait trop à quoi s'en tenir sur lui, un type flou, qui aurait voulu s'abîmer devant Dieu, vieillir en foulant des prés et des marguerites, et saisir cette main-là qui esquissait un geste vers lui. Seul Lazare a continué à m'appeler Mzee. Je sais pas bien pourquoi, peut-être parce qu'il n'avait personne dans sa famille qu'il appelât Mzee et que ça ne lui faisait rien de galvauder la sagesse et le grand âge. Après que nous avons fait connaissance, lorsque nous nous sommes distribués les surnoms, lorsque je fus “grand-père” je réalisais que j'avais atteint l'âge de l'après-après-raison, qui est l'âge où l'on siège avec les ancêtres, où l'on écoute les ancêtres, sans en être encore, mais leur voix porte jusqu'à vous, jusqu'au strapontin que vous occupez, tout en faisant le service des poulets sacrifiés, le service du sang et de l'alcool à peu près pur versé à la terre. Et que Mon Dieu... Les éléphants, à l’instar des lions, étaient un pur cadeau, une vraie chance.  C'étaient, dans un ravin, plusieurs femelles et un éléphanteau. Mais à Mikumi, en 2009, j'allais vivre avec les éléphants le moment le plus vrai – Otto n'avait pas été informé, mais il savait qu'ici nous avions quelque chance. On ne perd jamais son temps à observer son guide, on devine ce qu'il attend et pourquoi il vous a conduit ici. Je n'ai pas cette façon de faire avec les chevreuils, près de chez moi. Je n'ai pas cherché à apprendre quoi que ce soit sur leurs habitudes. Les petites choses que je sais d'eux c'est qu'ils viennent manger les pommes à la fin de l'été – je n'ose penser au goût que cela doit donner à leur chair. J'avais tout de même connu un début de charge dans le Selous, une autre année. Au sud, il y avait trois collines, ces collines où on ne voulait pas l'accompagner. C'est pourtant là qu'une autre année il s'était passé quelque chose d'inouï, qui me liait définitivement à ces collines. Je dis tout cela à Otto. – Trop de tsé tsé flies, objecta Otto. – Ce ne sont pas plutôt les renards qui te gênent ? Il n'y avait pas de mouches tsé tsé sur Vuma Hill, puisqu'on y avait installé un camp, dont la famille Fox était propriétaire. – Mais les autres collines, derrière, on ne peut pas y aller. C'est là-bas que sont les tsé-tsé. – Là où sont les antilopes Sables, dis-je Son sourire ne me disait ni oui ni non. Les Sables étaient dans les livres, et puis dans les têtes, et ça suffisait pour qu'elles existent. Il n'en fallait pas plus. Tout à fait au sud, le parc touchait la ligne de chemin de fer du Tazara. Je me souvenais avoir frôlé le parc en train, à l'aube. D'un côté le Selous, de l'autre Mikumi (la forêt, à cet endroit), mais les tsé tsé n'étaient vraiment gênante qu'à quelques centaines de kilomètres d'ici, dans le fond d'une branche du Rift, à Katavi ou Rukwa, ou dans les nouvelles réserves de l'ouest où il y avait des forêts claires et des marécages. C'était un secret bien gardé : à quelques heures de Dar es Salaam, il y avait dans les collines de Mikumi tout ce qu'on pouvait rêver : des lycaons, des koudous et de Sables. Peut–être même,mais si cela était vrai, c'était un secret encore mieux gardé, des rhinocéros. Otto m’avait affirmé que les communications directes étaient impossibles entre Mikumi et le Selous (“Il n'y a plus de pont”, avait–il dit (1).  Quelques années auparavant déjà, je m'étais heurté à cet obstacle, là où la piste butait sur les restes d’un pont qui avait été emporté par une crue. Ou qui s'était effondré de fatigue. *. “Southern Extension” le Hill drive conduit dans le secteur nord de cette extension de Mikumi NP, sur les contreforts des monts Uluguru. J'y suis allé il y plusieurs années, et c'est parfaitement faisable, malgré les tsé tsé. C'était jadis les “vertes collines d'Afrique” à trois ou quatre heures de Dar es Salaam, avec en particulier des rhinoceros. Dans le miombo couvrant ces collines, on signale : souïmanga (shelley's double collared sunbird), touraco (violet-crested turaco) deux types de calaos (pale-billed hornbill, très proche du grey hornbill, qui se trouve également ici). Guide Pratique de Mikumi NP (p. 82) Le lion ne louvoie pas, comme d'autres félins, il ne fuit pas, mais il fait face au danger. A-t-il quelque chose d'autre à faire. Mikumi, une lodge pour les notaires. Et ces deux autres hébergements leur iront aussi : Foxes Safari Camp et Vuma Hills. Siège : Foxes Safari Camps, Box 10270, Dar es Salaam, tél.Fax : 255 (0) 2862 357, hotline 255 (0) 754 237 422. Dans le Selous (Rufiji River Camp), Katavi Wildlife Camp, Ruaha River Camp, Mufindi Highlands Lodge (Mufindi est la commune où la Famille Foxe exploite des plantations de thé depuis des générations ; leurs premières implantations touristiques furent à Ruaha), et enfin Lazy Lagoon Island (Bagamoyo) Le groupe paraît lié à Afric’ Aventure, qui vous proposera ses hébergements et d'autres, dans le Sud du pays et à l'Ouest. Vous pouvez compter sur Afric'Aventure. Mais la confiance a un prix. Confiez-leur une demande de devis. Moi je vais chez les suisses, non pour y planquer mes économies, mais pour FAIRE des éconocroques : Tanz-Swiss, tarifs à partir de 50 USD la ch. double avec petit déjeuner. Bonne ambiance, services annexes (game drive, transport sur Udzungwa). On me parle de l'ouverture de Kikoboga Tented Camp A Mikumi (village), une auberge, où je ne suis pas encore descendu : Genesis. Bibliographie : Mikumi, Tanzania National Parks * Toujours au sud de la route de la Zambie, mais plus à l'ouest, le secteur d'Ikoya,  Ikoya Loop  (secteurs n° 73 et 74) Vous aurez une (mince) chance de voir un léopard, dans un arbre à saucisses. La piste traverse des forêts riveraines, où vous rencontrerez de hauts arbres avec de petits contreforts (Sterculia), – Une question qui me tient à coeur, dis-je en me tournant vers Otto – Oui ? – Peut-on manquer les antilopes Sable, à Ruaha ? – Cela se peut. C'est même fréquent. Maintenant je me demande si je vais rapporter la vraie réponse d'un Otto ravi que je pose une question sensible, sur laquelle courent des légendes. Un sujet sur lequel on peut raconter toutes les histoires que l'on veut. On l'a observée sans peine – il est alors de bon ton de regretter de n'avoir pas eu à se donner trop de mal. Je n'en terminerai jamais avec les questions de chance et de déveine, de mérite ou d'insolence... Pourtant si je ne peux plus être de mauvaise humeur, ni malheureux, ni vaniteux, si je ne peux plus me sentir touché par la grace, béni des dieux, je dois arrêter les safaris. David Read, qui était né sur la frontière kenyane, était un adepte de brefs game drives, le matin et en fin d'après-midi. Arriverai-je à me faire à une telle économie de moyens, sans craindre de perdre mon temps ? En outre, j'ai maintenant plus de ressenti avec l'art africain qu'avec les animaux – mon intérêt pour les animaux a été quelque peu fabriqué, lors de mon premier voyage en Tanzanie parce qu’un magazine m'avait commandé un reportage. Je mets à part l'antilope noire, dont j’attends qu’elle me dise que le temps pour tout est désormais révolu, que l’heure est aux adieux – si on les juge nécessaires, puisque après tout on part comme on veut. Un jour, c'est tout ce qui me restera à faire, je demanderai à une agence de m'emmener le plus loin possible dans le far south de Mikumi. Quand vous êtes pris, vous allez au bout. Ça peut être les clochers à peigne du Massif Central, la montagne... Tant qu'il y a un défi... J'irai défier l'antilope Sable. * Tout ce qui concerne l'Arc montagneux du sud (p. 11) me passionne. On s'y retrouve soi-même, sans être importuné par un afflux de touristes.  J'y ai passé des heures avec des amis, dans une gare, à échanger, à observer, Toujours un projet de barrage hydroélectique sur Stiegler Gorge, traînant dans les cartons, nous dit Jean-Luc Paul (Maître de conférence en anthropologie et ingénieur en agronomie, auteur de Anthropologie historique des Hautes Terres de Tanzanie orientale, Stratégie de peuplement et reproduction sociale chez les Luguru matrilinéaires, Karthala). Il s’exprime sur France Culture, le 22 octobre 2011, au cours de l’émission “Terre à Terre”. Est-ce un projet fou ? L'impact environnemental d'une retenue à l'entrée de la réserve du Selous ne serait vraisemblablement pas que négative – un micro-climat, les précipitations sur les monts Uluguru, etc. ? En 2012, sur le terrain, le voyageur comprenait vite que le Selous changeait de nature. D’abord on a retiré au Nord-Selous le statut de parc national, pour lui donner celui de Réserve de chasse, moins contraignant... Du moins pour l’administration, mais pas pour le visiteur, qui doit désormais être accompagné d’un ranger armé... J’ai le sentiment que l’on va vers la privatisation du Selous – un statut proche de certaines réserves d’Afrique australe. Jean Luc Paul parle ensuite du delta du Rufiji : trois saisons de culture ; les cases des champs faites pour accueillir les familles au moment de la récolte et pour surveiller les intrusions d'animaux sauvages en provenance du Selous La production du riz est autoconsommée. Les familles entrent difficilement dans l'économie monétaire avec la pêche – le poisson pêché dans le delta est séché et vendu à Dar es Salaam, grâce à la nouvelle route. Les besoins monétaires des familles : 300 euros/an minima. Pour scolariser dans le Secondaire au moins l'un de leurs enfants, les familles doivent faire entrer au minimum 350 euros/an. Pour cela les hommes doivent rejoindre CLANDESTINEMENT et en affrontant de grands dangers les secteurs de pêche traditionnels qui ont été strictement dédiés à la faune et aux touriste fréquentant le nord du Selous. Personnellement, je pense que les touristes venus de tous les continents paieraient peut-être cher pour partager avec les locaux les "parties" de pêche sur le fleuve et sur les lacs. Les autochtones sont-ils ostracisés par les scouts, etc. ? Je me souviens de rangers pêchant le capitaine dans le lac Tagalala – ou peut-être cette année-là quand j'avais demandé si c'était bien le lac Tagalala (ce n'était pas un nom qu'on oubliait) le guide de Sable Camp m'avait répondu que oui, sans doute parce que c'était plus simple de répondre oui à un nom drolatique qu'on retenait et qui était dans le Selous une espèe de nom générique de tous les lacs déversoirs du Rufiji. * En août 2012, je fais donc une incursion dans le Selous. Le safari aura été mal préparé par l’agence – j’ai un peu trop discuté le prix, sans doute. p. 125, la route du sud, nouveau goudron, ça file, ça change, la Tanzanie change. Jadis le Selous était au diable vauver, et Kilwa n’en parlons pas, Six heures pour rallier Mbega Camp, à quelques kilomètres du gate oriental. A mi-chemin, à Kibiti, où l'on quitte le goudron, un hôtel simple et du ravitaillement. Désormais le Selous est à peine plus éloigné de Dar es Salaam que ne l’est Mikumi. La  géographie change, et les esprits changent avec la géographie.  Le soir, boat safari de deux heures sur le Rufiji. Sur un buisson, à la berge du fleuve, un monitor lizard – rien de bien original, mais on saura vous le rendre sensationnel. Je guette les guêpiers, qui nichent sur l'escarpement de la berge et bien sûr, les martins-pêcheurs. Banal, pourtant il ne faut pas rater le boat safari. D'ailleurs entre 16 et 18 heures, le fleuve est parcouru de pinasses débordant de touristes.. Mais pas d'antilope sur la berge, pas d'éléphant ou de buffle... Trop tôt dans la saison sèche, ou vraiment pas de chance ? Le meilleur des oiseaux lacustres n'est pas en aval de la réserve, il est en plein coeur de celle-ci, dans un endroit qu'il m'a fallu du temps pour découvrir, les berges du lac Tagalala. C’est pourquoi si la journée a été maussade, si vous avez été victime de la négligence de votre agence et de la mauvaise foi de votre chauffeur et guide – ah, comme vous devinez qu'il vous a manoeuvré lorsque vous le voyez revenir d'un de ces fichus bureaux à l'entrée des parcs, où règnent de peu gracieuses gorgonnes ficelées à un règlement imbécile ! Les parcs n'ont plus de sous, c'est entendu. Le Selous a des bulldozers à ne plus savoir qu'en faire, et qui n'ont pas tourné ces derniers mois, de sorte que fin août, après deux mois de saison sèche, les pistes n'ont pas été reprofilées. Et nous sommes contraints d'aller chercher un ranger à 75 km de là, pour qu'il nous accompagne dans notre game drive – ce qui n'est rien d'autre qu'une façon de faire financer par le visiteur les patrouilles de surveillance... Comme dit plus haut, le Selous est redevenu intégralement une réserve de chasse, par conséquent l'accompagnement du gugus armé est réglementaire, que ça vous plaise ou pas ! Par parenthèse, je ne peux plus donc vous garantir que vous pourrez vous présenter à l'improviste à l'une des entrées de la réserve, et obtenir, en payant, le droit d’entrer. Comme souvent ce changement de règlementation cache quelque chose. Il y a d'abord le projet de barrage dont je vous parle par ailleurs, un barrage qui se fera, n'en doutons pas, parce qu'il est nécessaire. Il y a ensuite le projet d'exploitation des mines d'uranium, quelques centaines de kilomètres au sud, certes, mais toujours dans le Selous. Et ce projet aboutira lui ausi. Alors, vous disais-je, si vous croyez votre journée gâchée, faites-vous conduire vers 4 heures sur les rives du lac Tagalala. Vous aurez devant vous une heure et demie merveilleuse, au bord du lac. Ce lac Tagalala version 2012 restera un moment d'intimité avec la nature, à l'égal de ce que j'ai vécu au parc de Katavi. On progresse lentement, absolument seuls. Ici ou là on se pose à l’affut des oiseaux – vous dénombrerez d’un regard une douzaine d'espèces. Seulement ! dira t-on, mais identifiez-les, puis confrontez vos photos à ces deux sites : oiseaux du Selous, et plus globalement, à ce site étendu au continent, avec fiches techniques. A mes yeux, l'un des oiseaux les plus symboliques, celui en tout cas que l'on observe du Tazara au petit matin, le Yellow billed Stork (Mycteria Ibis). Ajoutez le héron goliath, celui qui plane un matin sur le Rufiji. Bien sûr, s’invite l’interlope héron cendré, qui va et vient d’un hémisphère l’autre. J’ai aussi un oeil sur la gamme des calaos – et l’oreille tendue. Sur la berge du Tagalala, on se décline le guide et moi : African sponbill, Marabout Stork, oie d'Egypte, greater Egret, hooded vulture, pélican blanc, Saddle billed Stork (le jabiru du Sénégal)... Et celui qui se rappelle immanquablement à nous par son cri, African fisheagle. Dans la savane, quelques oiseaux familiers, comme un rollier, lilac-breasted roller... Bref, tout mélangé, oiseaux de proie, oiseaux lacustres, oiseaux des savanes, pour un visiteur normal, comme moi, une trentaine d'espèces (ne nous vantons pas, ne nous gonflons pas d'importance, il en est quelques-unes, et de fort banales, qui sont très belles. Le blog de Nomad Tanzania : nomad blog  * * * Guide Pratique du Selous Certains voyagistes français s'aventurent enfin dans le Selous – du moins l’assurent-ils, mais encouragent-ils les safaris dans le Sud ? Et parmi eux Atalante (p. 254). Tandis qu'Objectif Nature, également retenu dans la 4ème édition du Guide, marque son intérêt pour Gombe et le lac Tanganyika. Enfin, Club Faune a une très bonne connaissance du Selous et de bonnes infrastructures sur place. Vous n'aurez pas de mal à trouver sur la toile les sites respectifs de ces trois tours-opérateurs français. Pour moi ce seront les agences les plus “basiques” de Dar es Salaam, où se côtoient le meilleur et le pire. Et je crois bien qu’en 2012 c’était le pire : Safari Solutions, 18 New Redcross Building, Morogoro-Bibititi Rd, 255 22 2120892/13. 1.350 USD. J'ai demandé que le circuit soit inversé. Une demi-journée perdue, un programme inaccompli. Le sentiment d'avoir été manipulé. J'aime pas. En règle générale, les agences de voyages à bas prix auxquelles je me suis adressé ces dernières années m'ont déçu. Toutes ont montré un point de défaillance... Mais je n’ai pas (encore) expérimenté toutes les agences de cette catégorie ! Les camps au bord du fleuve, à l'exception de Sand River Camp, auraient perdu l'exclusivité qu'ils avaient sur certains secteurs du Selous. Mais cela reste à vérifier, tant les habitudes et les lobbies sont forts. Hébergement de luxe – “Exclusif”, comme ils disent. Ou encore ce lien. Dans le Selous, les hotels ou camps de haut standing, ceux que les auteurs de guide n’ont pas même le droit de visiter, où les princesses arabes enverront leurs sbires pour vous faire dégager la piste, où le  visiteur ressent qu’il est gênant... Sont sur le Rufiji. Je connaissais l'existence de ces Mbega Lodges, aux marges des deux gates du Selous. Et pour constituer un groupe hôtelier, ajoutez une lodge à Kilwa et deux autres près d'Arusha NP. De quoi voir du pays, et du beau... Tout cela est dans les mains d'un groupe germano-tanzanien, Baobab Village Co. Ltd,. C'est du moyen de gamme. Est-ce du bon, au moins ? Selous Mbega Camp, Box 23443 Dar es Salaam, tél. 255 22 2650250 Vous pourrez brandir un de leurs papelards promettant un early morning tea & coffee à 6.30 am (ce qui n'est pas vraiment très tôt). Dans la pratique, il vous sera difficile de croquer avant 7.00 am. Et cela peut changer beaucoup de choses. Jadis, pas une lodge où l'on ne proposât l'early morning tea avant 6 h. Les cuistots sont désormais les vrais patrons des camps et vous vivrez à leur rythme à eux. Celui de l'Annexe de Mbega, à Kisaki, est intouchable avant 7:30 h ! A l’est, toujours, et hors des limites de la réserve, sur le fleuve, Jimbiza, un de ces camps qui se sont ouverts depuis une dizaine d'années. Ils sont meilleur marché que les lodges situées à l'intérieur du parc. Si vous prenez une journée pour vous reposer ou explorer les pistes en dehors du parc, vous échappez aux droits journaliers. Public Campsite Tagalala, près de BehoBeho, dans la réserve. Les toilettes sont sales et d'ailleurs leur porte est par terre...  Nuit à l'annexe de Mbega Lodge à Kisaki – plutôt décevant, en tout cas “basique”.  KISAKI En juillet 2002, je retournais dans le SELOUS (p. 71). Mais cette fois-ci je délaissais les rives du fleuve pour un nouveau camp installé au nord du parc, dans la forêt couvrant les contreforts des monts Uluguru. J'y accédais par le Tazara, le chemin de fer Tanzano-zambien. A la gare de Kisaki, après environ cinq heures de train, j'étais attendu par une voiture du camp, et une demi-heure plus tard nous étions rendus à bon port. C'est à dire à Sable Mountain Lodge. Les soirées, les nuits et surtout les petits matins de Sable Mountain Lodge sont différents de ceux que l'on connaît par exemple à Rufiji Camp (p. 77), sur la rivière. Cela dit sans jugement de valeur. C'est différent, voilà tout. Bien que théoriquement situé à la lisière du parc, le camp est à une demi-heure du gate de Matambwe. Si vous décidez d'y demeurer une journée sans bouger, vous n'aurez pas de droit de visite à acquitter. Au Gate de Matambwe, comptez une heure avant d'atteindre les lacs, qui constituent les seuls points d'eau à la saison sèche. Le camp compte huit bungalows. S'il est libre, et si votre budget vous le permet, choisissez le n° 8, qui domine une petite rivière en bordure de forêt, où les animaux viennent parfois boire à la saison sèche (c'est l'un des deux bungalows comprenant un lit double). Certes, vous aurez très peu de chance de voir une antilope Sable, mais les buffles ne sont pas rares. Faites un tour à pied, accompagné d'un ranger armé, dans la forêt proche de Sable Mountain Lodge (la formule foot safari). Les animaux ne manquent pas, autour de Kisaki : lions, léopards, éléphants, girafes (il paraît qu'à Dar es Salaam, on a baptisé "Giraffic Park" le nord ouest du Selous), hyènes, galagos (ils courent sur le toît des bungalows et émettent une sorte de miaulement), ainsi qu'une multitude d'oiseaux. Cela dit, et il faut bien s'en pénétrer, le Selous est un parc que l'on peut traverser, du moins dans sa partie accessible aux touristes, sans voir aucun lion, aucun éléphant, aucun koudou et a fortiori aucune antilope Sable… On doit se lever tôt et compter sur sa bonne étoile – Sable Camp et quelques autres lodges proposent un bref tour de vision bon marché au lever du soleil. Ne pas se décourager, parce que la persévérance paie... parfois. Bref, le Selous est tout le contraire d'un zoo. C'est ce qui fait son intérêt, à mes yeux comme aux yeux d'habitués pour lesquels il est devenu une drogue. L'accueil à Sable Mountain Camp était des plus chaleureux – en 2002, tout le personnel se mettait en quatre pour rendre service. Une bonne atmosphère de camp, très "nature" – le proprio a changé, depuis, et ce n’est plus pareil. Bien sûr, la qualité à un prix. Au reste, Sable Mountain affiche les plus abordables des tarifs des  camps de 1ère catégorie. En outre vous pouvez y accéder par le Tazara et vous économiserez sérieusement sur le pré-acheminement : les nouvelles voitures deuxième classe du Tazara sont parfaites, et le bar tout à fait sympathique, mais vous devrez gagner le wagon première classe pour avoir droit à un quai à la gare de Kisaki. En revanche, pour le retour, misez sur l’avion plutôt que le train – qui accuse des retards de 6 à 30 heures...  Les game drive, sur la base de 2 personnes, minimum, ne sont intéressants que pour circuler dans la forêt, entre le camp et le Gate ou faire un tour au village ; la journée entière, comprend éventuellement deux heures de sortie en pinasse à moteur sur le lac Tagalala. Le foot safari ou la sortie à la pointe de l'aube sont beaucoup moins coûteux. Deux autres hébergements à Kisaki : L’Annex de Mbega Camp  Karibu Mahenge Guest House, tél. 07 88 58 14 41. A la sortie de Kisaki, en direction de Morogoro. Six chambres, toutes occupées fin août 2012. Electricité solaire, 8,000 Tsh la chambre. Quand un guide chauffeur vous dit qu'il n'y a rien à faire à tel endroit, pensez au contrat que vous avez passé avec lui : le prix a-t-il été fixé  pour un itinéraire vaguement défini (régime du forfait), ou bien êtes-vous convenus d'un prix au km parcouru ? Mt Luguru de Kisaki à Morogoro   Cinq heures pour rallier Morogoro. Une route escarpée, splendide par moments lorsqu'elle s'ouvre sur de larges panoramas. La première partie, au pied des monts Uluguru, est en marécages. C’est intéressant lorsque l'on sait que la région collecte une bonne partie des eaux de la rivière Ruvu, qui elle-même irriguera les régions de Dar es Salaam et Bagamoyo. Sur le plateau, la forêt humide d'altitude le dispute aux cultures – la terre est ici généreuse.  Une population de paysans. lien Escarpements, habitat dispersé... les Waluguru ne constituent pas un groupe vraiment homogène. Le massif accueille de petits groupes de migrants. Importance du fait matrilinéaire, dont on peut penser qu'il s'estompe chez les côtiers, beaucoup plus tôt convertis à l’islam. Des horizons lointains, escarpés... Les quelques passages difficiles de la route sont goudronnés. Cette route figure naturellement sur la Nelles Map, de même que la route Kisaki-Mikumi, qui ne traverse aucun point de peuplement (sinon peut-être des populations incontrôlées), et l'extension méridionale du parc national de Mikumi – une extension récente sur laquelle personne ne se montre vraiment disert... En 2011, on m'annonçait 7 heures de route pour la piste Mikumi-Kisaki, dont l'entretien et la surveillance ne doivent pas figurer parmi les priorités des autorités tanzaniennes. A Morogoro (p. 70), un peu à l'ouest du carrefour, sur la route de Zambie, je rencontre des sculpteurs sur bois. * Les montagnes de Nzungwa sont plus impressionnantes que je ne croyais. Il y a une chose à voir en Tanzanie, au même titre que le Kilimandjaro ou le Serengeti, et c'est encore une fois l'arc montagneux. Je suis allé il y a très longtemps dans la partie septentrionale de l’Arc – les monts Usambara (p. 155), la “Petite Bavière” au-dessus de la ville coloniale de Tanga. Si je me souviens bien cela m'avait paru policé. La partie méridionale (la nôtre, ici) est plus sauvage, avec ses fleuves, ses montagnes, ses cluzes... et une voie de chemin de fer qui s'infiltre, qui irrigue, qui est un lien entre les hommes... et une route spectaculaire, avec ses fous du volants, où c'est tous les jours que se joue le Salaire de la peur, dont VOUS êtes, que vous le vouliez ou non, les acteurs... 1) En 2012  j’apprends qu’Otto m’avait menti. La liaison directe entre Mikumi et le Selous est ouverte. Le mensonge, c’est une habitude chez les guides de safari, qui vous raconteront n’importe quoi si vous cherchez à les dérouter du programme qu’ils ont arrêté avec leur patron, avec le kilométrage à ne pas dépasser, compatible avec le forfait. Baobab géant dans le Selous Mon bungalow surplombant la rivière (1) Bien sûr, je dus leur expliquer ce qu’était une maison de retraite, et je vous assure que les civilisations du nord, dans leur silence éloquent en prirent alors un coup ! Accueil du site Quatrième de couverture Tanzanie Informations pratiques Tanganyika Actualité Dar es Salaam Actualité Littoral Actualité parcs du Sud 1 Actualité parcs du sud 2 Actualité parcs de l'Ouest Actualité Arusha et Nord L’Economie par thèmes Une approche culturelle