Accueil site Quatrième de couverture Tanzanie Informations pratiques, aller à Zanzibar... Zanzibar City : hébergement, restaurants Découvertes autour de Zanzibar City, plages, Pemba Economie, Politique, Culture Economie, Politique zanzibar 4 Zanzibar, économie (p. 297) Je ne comprends pas ce pays, en un mot d'où viennent les richesses ? Les palais, les grands hôtels, je n'y crois pas. Je crois que Zanzibar mange son capital, et je crois que c'est ainsi depuis des décennies, et qu'un jour ça s'arrêtera, quand les voyagistes auront trop tiré sur les prix et surtout sur les salaires et que la population ne cédera plus au chantage... C'est comme cela que ça s'est passé ailleurs, à Lamu, et que ça se passera ici. Le problème des économies fondées sur le tourisme, et ce qui les fragilise, c’est que des “paradis tropicaux” il y en a sur toute la ceinture tropicale du globe... Ajoutez que les touristes ont peur d’engager des dépenses et de naufrager leurs vacances, que les voyagistes ont peur pour leurs investissements et veulent les amortir au plus vite, que les chancelleries redoutent les emmerdes... Il arrive bien un jour où les opposants politiques, les radicaux, ceux qu’on n’est pas arrivé à acheter parce qu’on n’y a pas mis assez de fric ou d’honneurs, se disent que l’explosion d’une grenade égaillera ces oiseaux migrateurs, qui ne manqueront pas de paradis où se poser. Trop de rabatteurs, trop de vendeurs, trop de types qui vous accrochent dans la rue... Tandis que l'économie des épices décline doucement – sur le clou de girofle. Le tourisme, c'est maintenant 30% du PIB. Et pour le tourisme, les capitaux ne manquent pas. Ils viennent d’Europe (ils sont essentiellement italiens), des Etats-Unis et du Golfe. Des garde-fous : en particulier on ne fera pas n'importe quoi à Stone Town, sinon l'Unesco se fâchera. Pour le reste confiance à l'initiative privée, les capitaux qui rappliquent d'ailleurs, et qui investissent essentiellement le secteur du tourisme. C'est un pari, et comme tous les paris il comporte des risques. En particulier avec la crise, des touristes moins dépensiers, des voyagistes qui négocient plus durement. J'ai aussi l'impression qu'on ne prend pas le meilleur de Zanzibar, qui ne se trouve pas sur la côte. Des plages et des lagons il y en a sur toute la ceinture intertropicale, et de plus beaux, mais des Stone Town il y en a peu ailleurs. Donnez-vous trois bonnes journées pour la ville de pierre, Stone Town. En résumé, les dépenses touristiques à Zanzibar sont incontestablement affectées par la crise économique en Europe, en particulier en Italie et en Espagne. Autres ressources : l'argent des émigrés travaillant dans le Golfe. Un ami me raconte que dans une file d'attente à Oman, beaucoup de types parlaient kiswahili – Oman a ici un gros consulat, et ce n’est pas seulement pour cultiver les liens historiques. Alors, combien d'émigrés zanzibarites ? Quelles professions exercent-ils ? Et surtout quel est le montant estimé des sommes transférées par ces exilés ? Ce montant n’est sans doute pas si élevé que cela. Je cherche à me documenter sur l'économie de l'archipel, mais les tableaux et synthèses sont inexistants.   L’argent arabe. Il y a quelques années on pensait que Zanzibar deviendrait une place financière régionale. Les Zanzibarites en sourient aujourd'hui. Pas de banque d'investissement arabe déversant des millions de dollars jusqu'aux grands lacs. Mais une banque kenyane ouvrant une agence en ville, comme elle en a une douzaine sur le continent. Pas de quoi faire un paradis fiscal – d'ailleurs qui planquerait son fric sur une île qui peut s'enflammer demain ? Sur les relations entre l’Afrique de l’Est et le Golfe. La maîtrise de l’eau... petit à petit ? Le projet s'inscrit dans le document "Zanzibar, Vision 2020" et son plan de réduction de la pauvreté (ZPRP 2007-2010), qui met l'accent sur le développement de services sociaux et l'amélioration des moyens de subsistance par le biais de l'amélioration de l'accès sûr et abordable à l'eau et à l'assainissement. Je vous invite à lire l'ouvrage de Nathalie Bernardie (cf. Bibliographie). Y sont abordés de nombreux sujets (histoire  la vraie et la reconstituée , sociologie, eau potable, électricité, etc  ). Souvent je reviendrai vers les bonnes feuilles de cet ouvrage, sans pour autant suivre son auteur les yeux fermé. Ainsi je ne saurais vous dire si les élections sont régulièrement faussées à Zanzibar, mais je peux vous dire que ce livre réunit une foule d'informations sur tous les sujets susceptibles de vous intéresser. Je veux bien que le CCM, le vieux parti quasi-institutionnel, hérité du "socialisme tanzanien", se conduise indignement à Pemba, où règne le CUF  je veux bien, puisque je n'ai rien à répondre. Mais j'aimerais savoir ce qui pourrait être fait pour améliorer la vie des populations, je veux dire améliorer de façon pratique : diffuser l'électricité (de quelle origine ? Éolienne, photovoltaïque ? Non, en 2011 je n’ai pas vu d’installations d’énergie nouvelle, malgré le vent et le soleil qui tous deux règnent sur l’archipel,  mais le cable avec le continent a été renforcé, l'eau potable (les égouts de Stone Town, mais je ne saurais dire ce qui est fait à Pemba, en matière d'équipements publics)... Pourtant on  retrouve le financement de projets d’assainissement et de distribution d’eau. Notez que l’île Maurice amorce, elle, un virage vers les énergies renouvelables. Il n’est pas impossible que l’électricité éolienne et le photovoltaïque aient pris un essor à Zanzibar. Il est vrai que l’abondance de gisements de gaz dans les eaux territoriales tanzaniennes suggère d’autres idées aux responsables politique des îles et du continent. A propos de Zanzibar : c’est intello, mais fz vous invite à suivre ce lien. Cela s'est passé à Zanzibar : Saisie record d’ivoire. Il y a dans Stone Town un quartier où le CUF (Civic United Front), semble-t-il, fait la loi. Les grafitis le laisseraient penser. La mémoire des murs est vive, dans la ville, mais je n’y suis pas initié. Cette ville n'est pas seulement un dédale, c'est aussi un livre d'histoire et une ouverture sur le monde swahili On rebat les cartes tous les cinq ans à l'occasion des élections. Les prochaines seront en octobre 2015. La violence sera-t-elle une fois encore au rendez-vous ? A propos... En novembre 2013, le site Africainintelligence faisait part de la menace de Zanzibarites de porter devant la cour internationale de La Haye la question de l'indépendance des îles. A suivre... En descendant vers Forodhani. Les jeunes gens, dans leur vêtement blanc, rient et mangent. Est-ce une medersa ? S’agit-il d’une cérémonie particulière ?  A quoi cela vous avancera de savoir ? Vous les Français vous êtes des fouines.  La scène est intrigante. Elle a un sens, et je repose ma question..  Tu veux te convertir !? Culture Zanzibar international film festival On n'attend pas une déferlante de festivaliers européens. Le festival présente en particulier des oeuvres issues des pays des dhows – l’expression désigne le pourtour de l'océan Indien, où Zanzibar entend jouer un rôle culturel phare. Réalisateur d'Afrique, aussi. C'est dans la droite ligne de la tradition : Zanzibar interface, mais sans douleurs désormais. Zanzibar, réconciliée, affichant ses origines africaine, indienne et arabe – connexions avec les grands lacs, Oman, Ormuz, Goa. Il ne faudrait pas oublier ses rivales, qu'elle voudrait faire passer pour ses satellites – Lamu, Kilwa, les Comores... Il y a du vrai, il y a de l'exagération,  Pourquoi ne pas miser sur le cinéma asiatique, et indien en particulier ? Y a-t-il un consulat indien à Zanzibar ? Oui. Pour répondre à la présence d'Indiens dans l'archipel, pour répondre aux échanges commerciaux avec le géant asiatique et aux liens historiques qui se perpétuent... L'Afrique de l'Est reste une espèce de far-west, où les Indiens, du moins certains d'entre eux, se sont enlisés. Je me souviens avoir rencontré à Kilwa Masoko (p. 142) un Indien originaire de Pondichery. Une plongée dans V.S. Naipaul... C'était un dimanche après-midi, et nous avons bavardé un quart d'heure. Le gars s'ennuyait ferme, toujours les mêmes têtes avec les mêmes histoires, le calibrage et le conditionnement de la langouste. Au point qu'on serait prêt à tout pour sortir de ce fichu dimanche. Au point que l'ennui c'est contagieux, et, particulièrement en Tanzanie, l'ennui c'est une institution du dimanche. Pour revenir à Zanzibar, il manque une locomotive pour lancer le ZIFF. Encore faut-il savoir si ce serait une bonne chose de “lancer” Zanzibar. C'est aux autochtones de trancher. Et pour ça il y a les élections –  octobre 2015, élections générales. 2012, je n’ai pu aller tâter le pouls de Pemba, fief du CUF (Civic United Front, qui appartient à l'Internationale libérale). La culture a de multiples visages, à Zanzibar. Elle pourrait même impulser l'économie. Revenez au  ZIFF, qui battra son plein la semaine prochaine : les manifestations musicales et danses traditionnelles y prennent une part croissante. La cour du vieux fort est le centre de ces activités. Devant l’esplanade de Forodhani. Des grincheux s'inquiètent de l'afflux de touristes à Zanzibar. Ils tapent dans un genre à la mode : ça ne mange pas de pain et c'est censé vous attirer la considération des bien pensants. Il m'a fallu quelque temps (et ici cela peut vouloir dire plusieurs années) pour comprendre que Zanzibar devait une bonne partie de ces visiteurs du nord de l'Europe, plutôt désargentés, à Freddie Mercury. Ils viennent à Zanzibar dans le même esprit que d'autres vont à la Jamaïque sur les traces de Bob Marley (enfin, toutes proportions gardées). Il s'est produit une révolution dans le monde, depuis les années cinquante, une révolution plus durable que le marxisme sous ses différentes formes, plus fédératrice  de continents... Cette révolution, il faut le reconnaître même si elle vous casse les oreilles, c'est le reggae. Et à Zanzibar, le reggae est mixé à la formidable machine à rythmes qu'est la cuvette du Congo – la polirythmie et le reste, qui est dans la forêt un langage codé. Évitez de poser un baiser sur la porte de la pseudo maison natale de Freddie Mercury : ici il n'y a pas de padre pour essuyer après chaque baiser. Je ne connaissais pas cet artiste, qui était peu ou prou de la même génération que moi. Preuve, qui n’intéressera personne, de ce que j’ai pu vivre à l’écart du monde... Sachez que l'homosexualité masculine est hors la loi à Zanzibar, depuis quelques années. L'homosexualité féminine affichée n'est pas moins réprouvée que la masculine (mais elle ne vaut que sept ans de prison aux adeptes qui font en public la démonstration de leurs préférence sexuelle). Pourtant, à en croire les expressions swahili, d'ordre techniques et néanmoins imagées, ayant trait au saphisme, la réputation d’Unguja vaudrait celle de Mytilène. L'homosexualité est fréquemment affaire d'îliens, voire d'îlomanes... Zanzibar n'est pas à un paradoxe près, qui s'apprêtait à célébrer en septembre 2009 le soixantième anniversaire de la naissance de Freddie Mercury, qui avait été un homosexuel notoire. Stone Town est un piège, il arrive que vous en tombiez amoureux et que vous y investissiez. Ayez alors beaucoup d'argent à perdre, cela dit quand on aime on ne compte pas. Santé zanzibar  : lutte contre la malaria, un oeil sur l’espérance de vie, l’autre sur l’hôpital  dramatiquement dépourvu de moyens. BIBLIOGRAPHIE (p. 325) Suivre l'actualité de Zanzibar : site d’actualité (le choléra à Zanzibar...) ; Afrik.com  Ouvrage de fond L'autre Zanzibar : géographie d'une contre-insularité, par Nathalie Bernardie, Editions Karthala. Cet ouvrage , qui m’était complètement inconnu, et qui fait revivre une certaine Zanzibar. Publication Swahili Coast, qui décline le "luxe" à qui mieux-mieux. "Holy Festival", Eid al Fitr. Les récits des explorateurs lancés à la recherche des sources du Nil, commencent à être accessibles sur ce site. Ce ne sont pas des médiocres, qui écrivent sur Zanzibar. J'en retiens un, Richard Francis Burton, auteur de Zanzibar, qui paraîtra en 1872. Beaucoup plus près de nous, non moins riche et talentueux : Ryszard Kapuscinski, Ebène, Aventures africaines (collection Pocket), dont un chapitre constitue un extraordinaire reportage sur Zanzibar à l'heure de la révolution de 1963-1964. Je vous recommande aussi Hiver africain, d'Evelyn Waugh (Petite Bibliothèque Payot), et ses quelques pages acides sur Zanzibar. E. W. était à Zanzibar dans les années 1930. Je crois me souvenir qu’il relate une visite à certaine «maison» de la ville qui ne relève pas son moral. * * * 2012. C'est la première fois que je rentre d'Unguja avec des regrets. Sans doute l’effet de l’usure... Je ne regrette pas la musique ni les danses  taarab, un rythme importé d'Egypte au XIXème siècle et récemment ressucité pour les touristes, m’assure un natif du Caire. J'aurais préféré un bon concert de jazz, même si le jazz n'a rien à voir avec Zanzibar. Les Swahili de Pemba ont adopté la course de taureau portugaise, dont les Lusitaniens leur avaient fait la démonstration au XVIème siècle, et il n'y a pas Swahilis plus vrais qu'à Pemba, où on voulut une année organiser pour moi un “bull fighting” avec zébus et yousyous - et bêtement j'avais dit “non merci” parce que je croyais avoir des choses supérieures à faire... Le reggae qui soûlera sur les plages du nord d'Unguja, serait-il donc swahili ?. A propos de boîtes et de bastringues, une année j’ai rencontré un type qui se plaignait du bazar gâchant les nuits d’un hôtel alors bien connu des routards, près du resto Fisherman. Et je n'ai même pas eu le temps, en 2012, d'aller faire un tour au Fisherman. On disait en ville que Daniel, son chef,  s'était installé en Amérique du Nord. A Zanzibar on rencontre des gens qui ont refait leur vie plusieurs fois. Un Comorien aurait repris la suite – les Comores et Zanzibar, c'est sur la même trajectoire, sous la même mousson, en somme dans la même cage d'escalier. Enfin, il y a quelque chose qui ne change pas à Stone Town, le boucan à Forodhani. Au moins, si c'était du jazz !  Commander "Tanzanie, Tanganyika, Zanzibar", un guide de TOUTE la Tanzanie L'Eglise catholique de Zanzibar. Elle n'a certes plus l'influence de jadis, lorsqu'elle réunissait les Swahilis convertis et les Goanais (p. 302). L'église catholique m'a paru  confiante, en tout cas une (cérémonie grand messe) une liturgie riche, dansante (qu'il ne faudrait tout de même pas prendre la grand messe pour un spectacle) bureau de la paroissee (photo) Je ne sais pas si elle vit bien. Vitraux dans l'église (cathédrale). Eglise jeune et vivante (du moins est-ce l'impression que l'on a). Le soir du 25 décembre un prètre de la cathédrale était victime d’un attentat. Il est vrai que ce prètre était aussi le trésorier de la paroisse. Les catholiques ne comptent plus que 3% de la populalion. Lien 1 Lien 2   En Afrique orientale, l'Eglise catholique a tout autant que les Eglises réformées participé à la lutte contre la traite (Voir la mission de Bagamoyo, p. 132). Dans une ruelle voisine de la cathédrale Saint Joseph un type vend des bouquins, et parmi eux un guide book de Zanzibar de 1961, pour lequel il demande 25 000 TSH et qu'il me cèderait à 10 000 soit 5 euros. Je suis fatigué du marchandage, qui brouille le regard sur les choses. .